Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 

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En ce jour du vendredi 21 mai 2010, « Hé, M'sieur, vous m'avez pas posé de question ! ». « C'est vrai, je dis, et quelle question t'aurais voulu que je te pose ? ». « Si, à l'école des devoirs, on s'amuse bien ».
Ben voilà, Nathalie, je n'aurais pas pu résumer mieux ce que j'ai vécu hier que ce que m'en a dit Johan, dix ans aux pommes. Car voilà, c'est miracle, un gamin que l'école amuse, content d'être là : tout à l'heure avec une petite quinzaine d'autres enfants, il attendait impatiemment que la porte s'ouvre…
J'ai passé l'après-midi hier, Nathalie, vous l'aurez compris, dans une école de devoirs : l'Oasis, à Saint Servais. J'avais lu, il y a quelque temps un appel à l'aide, les financements n'étaient plus assurés, des écoles fermaient, c'était l'alerte. Depuis, le ministre a promis 10% de plus, mais ce n'est pas Byzance pour autant. Une école de devoirs, quand elle est reconnue et subventionnée -- 360 sont reconnues, 260 subsidiées - reçoit entre 1.500 et 3.500 euros par an. Plus de 15.000 enfants fréquentent ces écoles, pour 900.000 journées d'enseignement, faites le compte. Ça ne met pas très haut le soutien scolaire, le rattrapage, comme on dit. Mais le rattrapage de quoi exactement ? On se demande parfois si ce sont les élèves qu'il faut rattraper ou bien l'enseignement. Qui va trop vite. Qui fonce. Qui laisse derrière lui les enfants fatigués. Et c'est ainsi que, tout doucement, l'on comprend que l'on passe des écoles de devoirs aux devoirs des écoles. (...)