Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Je ne sais pas si Léopold II a vraiment dit : « Je règne sur trois sortes de gens : les Nègres, les Blancs et les Anversois », mais ça aurait le mérite d'une certaine clarté. C'est Pierre Duys qui a annoté cela en exergue d'un livre qu'il consacra à sa vie à Anvers, enfin à Borgerhout, entre 2003 et 2006 et qu'il intitula judicieusement, pour ces métropolitains, « Les Dauphins ivres » : cela se passait du temps ancien où se cotoyaient ici Filip Dewinter et Abou Jajah, quelqu'un s'en souvient-il, c'était juste avant Hans Van Themsche… C'est-à-dire lorsque tout se mélangeait à Anvers, sauf les gens : les milices islamistes comme les partis extrémistes et que l'hôtel de Ville lui-même était en péril : une quadripartite assure d'ailleurs toujours ici un gouvernement de salut local.
C'est pourtant à Anvers que fut rédigée, en plein Moyen-âge, cette Charte qui porte son nom et qui anticipait presque déjà les droits revendiqués par les révolutions modernes. Les gens ici s'honoraient, figurez-vous, d'élire leurs magistrats et de payer des impôts et les étrangers y vivaient dit-on « en plus grande liberté que dans tous les Pays-Bas ». C'est dans cette Flandre toute contradictoire, dont on dirait qu'à un moment elle a bloqué son histoire, que nous sommes aujourd'hui et l'on ne sait à vrai dire ce qui inquiète le plus ici, de BHV ou bien d'Opel Anvers, autre victime expiatoire de ce qui vient quand le marché mondial fait la politique locale et où pour l'instant l'on débraie et l'on débauche. Décidément, Nathalie, on dirait bien qu'elle nous suit partout, la crise. C'est alors que l'on se souvient que La Bourse, à Anvers, a déjà brûlé. Deux fois. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.