Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
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Car quoi, au-dessus du Parlement, au-dessus de la Commission, au-dessus du Conseil, au-dessus du président du Conseil, il y aurait donc cela : l'Allemagne et son Bundestag ?
Et l'on pense qu'on nous a peut-être un peu enfumé avec la monnaie unique et l'on croit comprendre aujourd'hui que l'euro est une monnaie uniquement allemande.
C'est curieux, mais récemment, sur un conseil fort avisé d'un ami, je regardais et j'écoutais sur Internet une interview qu'a donnée récemment l'économiste français Jacques Généreux à France Info. Et lui aussi faisait référence à l'Allemagne. Mais pas dans le sens que l'on croit.
Il disait : cet accord européen et ces 720 milliards, ce n'est rien d'autre que le retour de l'esprit de Munich. Vous savez ce qu'avait écrit Churchill à Chamberlain à son retour de Munich en 38 : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ». Et Jacques Généreux qui a quitté le parti socialiste pour une gauche plus radicale, mais il faut l'écouter, ce n'est pas un barbu chevelu, dit aujourd'hui: « Les Européens avaient le choix entre déclarer la guerre à la spéculation financière ou se soumettre à la logique des marchés. Ils ont choisi la soumission et ils auront la guerre ».
Il n'y avait qu'une méthode possible, dit-il : laisser les spéculateurs perdre leur argent et leur proposer pour en récupérer un peu d'en prêter à taux ridicule. « La peur, ajoute-t-il, doit changer de camp ». On l'a vu, ce n'est pas ce choix-là qu'ont opéré les 27. C'est pourquoi l'on a peur, précisément, de continuer à avoir peur. Une fois de plus, a-t-on envie de dire, l'Europe avait le choix entre l'invention et la nation. Elle a de nouveau choisi la nation. On n'en sort pas. Décidément. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.