Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 

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En ce jour du mardi 18 mai 2010,
Le pétrole s'écoule, l'euro baisse, les cendres montent - on voudrait descendre - et c'est à quoi se résume la journée d'hier. Ah, me disait mon père, dimanche, planté sur sa pelouse, avisant le volcan et la nappe pétrolière, on dirait bien que la terre ne nous supporte plus.
De fait, au-dessus, plus loin, dans le jardin, la terre est toute retournée : les petits labours indiquent le potager.
Un mois avant la crise de septembre 2008, mon père, qui n'aime déjà pas l'année 2012, m'avait dit : « Je pense qu'il faudra agrandir le potager ». Il y a longtemps que c'est fait. Mon père, Nathalie, fait partie des gens pour qui les prévisions et les provisions, c'est la même chose.
On voit sous le buttage, pointer les premières feuilles des pommes de terre. Elles sont toutes venues, aucune perte. Et les radis de trois semaines sont à point. Les laitues poussent en groupe, il faudra démarier. Les fraisiers donnent des stolons, ce sont de vieux et bons fraisiers, ils nous feront bientôt des taches rouges. Les poireaux attendent. Les saints de glace, Mamert, Pancras, Servais et Boniface, sont passés, mais nul n'est plus besoin d'almanach désormais pour le jardinier, nous avons en mai un temps de mars et les lunaisons mêmes se perdent en conjectures. On ne sait plus bien quand il s'agit d'émotter, de serfouir ou d'emblaver. (...)