Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
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Ah ça, tout un pays peut débrayer à l'unisson et incontinent, il ne sera jamais l'égal, pour ce qui est de déconcerter un gouvernement, de ce cambiste qui ne sait pas arrêter sa main quand elle écrit des zéros.
Et puis, de toute façon, qui sommes-nous pour comprendre ? Tenez, la semaine dernière, nous étions mardi, on annonçait un taux record de faillites en Belgique pour un mois d'avril. Il y a d'autres mois dans l'année et ils ne sont guère glorieux non plus, mais jamais un avril n'avait été aussi pourri : 802 entreprises ont fermé leurs portes pendant ce mois-là et 3.470 depuis le début 2010 pour un solde net négatif de 8.500 emplois. Et puis voilà, le mercredi, on informait que le chômage wallon aurait diminué, au terme de ce même mois d'avril, de 7,4%. On cherche vainement à se souvenir de la théorie du système des vases communicants car on peine à comprendre cette curieuse simultanéité de la faillite venue et du travail trouvé.
C'est comme les impôts qui rentrent mieux, dit-on aussi, en Wallonie et qui ont contribué à l'apparition d'un pactole providentiel de 77 millions, non prévu au budget, tandis que l'on entendait le lendemain même, sur cette antenne, les communes, wallonnes toujours, se plaindre des leurs additionnels qui s'amenuisent et qui mettent en péril toutes sortes de politiques sociales locales. On s'étonne alors que, contrairement à l'adage blagueur, tout corps plongé dans un liquide puisse fort bien en ressortir sec.
Et c'est pas ça, je vous le dis tout net, qui va rassurer mon petit marché à moi. Alors, on veille sur les premiers chiffres qui tomberont des corbeilles. On est inquiets. Et on se demande : est-ce quelqu'un, finalement, va penser à rassurer la démocratie ? Allez belle journée et puis aussi bonne chance et celle-ci, Pascal, était pour Istvan Felkai.