Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 

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En ce jour du lundi 10 mai 2010,
Pouvez-vous me dire, Pascal, si à cette heure, il est 7h18, les marchés sont suffisamment rassurés ? Pouvez-vous me dire aussi ce que c'est qu'un marché rassuré ? Pouvez-vous encore aller plus loin et me dire pourquoi l'acte politique le plus couru, les plus consensuel, le mieux partagé aujourd'hui, on y passe même ses week-ends, consiste à rassurer les marchés ?
De temps en temps, vous l'aurez noté, j'aime bien en revenir à des observations naïves. Et donc, j'aimerais vous demander si, par hasard, on ne serait pas en élections permanentes, et si les vrais juges de la politique d'un pays, ce ne seraient pas les électeurs, mais les marchés. Vous allez me dire, ça il y a un certain temps qu'on le sait. Mais je vais vous répondre, ça ne fait pas si longtemps qu'on le voit aussi clairement, je veux dire : que cela nous aveugle, car de même que le soleil, regarder la spéculation en face, est un exercice décidément périlleux pour l'homme.
Jeudi dernier, vous l'aurez noté, une erreur d'écriture, un type qui se trompe dans son ordre boursier et qui écrit milliards au lieu de millions a fait plonger Wall Street et dégringoler le Dow Jones, nous n'étions pas loin du krach mais déjà totalement dans le chaos : un type, une erreur, un monde qui bascule. (...)