Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
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Les arguments à ce propos sont imparables. « L'abstention n'est jamais une bonne solution disait Jean-Paul Duchâteau dans la Libre Belgique, ce faisant, vous ne sanctionneriez personne, c'est vous que vous punissez ». Et puis, c'est vrai, de toute façon, dans mon pays de bonne humeur, le vote, tout comme l'enseignement, est obligatoire. Tiens, le vote obligatoire. N'est-ce pas précisément ce que certains hommes politiques -et n'était-ce justement pas Alexander De Croo et l'Open VLD eux-mêmes et entre autres ? - souhaitaient récemment abolir ? Vous avouerez, Pascal, qu'au-delà d'une certaine limite de complication, on s'en mélangerait bien ses bulletins…
Posons-nous donc cette question toute simple de savoir pourquoi le vote est obligatoire. Pour en avoir parlé avec quelques collègues et quelques professeurs, voilà à quoi j'en suis arrivé. Lorsque le vote est devenu plural en 1893, et qu'on a déjà élargi l'assiette de l'électorat -avant il n'y avait que 46.000 électeurs pour 4 millions d'habitants - on a craint que ceux qui s'estimaient privilégiés par l'ancien vote censitaire refusent de se mêler à cette sorte de populace ou bien qu'ils n'empêchent leurs gens d'aller voter, on l'a donc rendu obligatoire. Et il va sans dire que lorsque le suffrage est devenu réellement universel -tout en restant totalement masculin- après la guerre de 14-18, l'obligation de vote servit de rempart à l'arrivée supposée de bataillons ouvriers. Nous voterions donc obligatoirement parce que nous avons peur du peuple, c'est-à-dire de nous-mêmes. C'est pourquoi, Pascal, je pense bien que je vais aller voter. Rien que pour montrer que je ne me fais pas peur. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.