Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Ils en remplissent des caisses entières. Ces caisses sont une preuve fiscale. Elles disent que la vente et l'achat n'ont pas fait l'objet d'une fraude. C'est ainsi, Pascal, que les caisses des Grecs sont pleines. Celles-là, du moins. Ah, les sociétés faillies financièrement ou politiquement ont habituellement pour l'administration une affection sans borne. Dans ces cas-là, l'administration est le lieu où va se réfugier l'autorité : le papier, quand il ne reste rien, est la dernière preuve officielle de la survivance de l'Etat. Les Grecs gardent donc leurs reçus, mais qu'ils ne s'abusent pas : ces reçus, ce serait plutôt des prêtés pour des rendus.
Car l'Europe n'est pas prêteuse, c'est son moindre défaut. Elle va vérifier tout cela à la loupe et c'est elle qui, en dernier recours, ira mettre son nez dans ces caisses. Quel culot disait en substance Edouard Delruelle, hier dans sa chronique du Journal parlé de 13 heures, en rappelant une chose simple : l'endettement de la Grèce n'est rien à côté de celui de la Belgique. La dette extérieure des Hellènes se monte, disait-il, à 500 milliards de dollars. Nous, c'est 12.000 milliards. Et la dette par habitant, vous savez, celle que l'on contracte en naissant, est de 50.000 $ en Grèce pour 120.000 $ chez les Belges. La France, l'Allemagne ou l'Irlande, c'est pire encore.
On n'a donc aucune leçon à donner concluait-il. Non, mais on en a sans doute à prendre. Comme par exemple, d'arrêter de vivre à crédit et de tirer des traites sur les gens comme sur la nature. Sinon, vous savez comme on est, hein Pascal, on risque encore de renverser quelque chose sur la nappe. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.