Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 29 avril 2010, Disputant avant-hier dans Libération du sort de la Grèce, juste avant que l'on ne dégrade encore la note de la dette du pays, l'économiste Jean-Paul Fitoussi disait ceci : « Le cas européen pose ce problème fondamental : on peut sauver une banque qui a failli, on peut sauver une entreprise en déroute, mais on ne peut pas sauver un peuple dont le gouvernement a failli ».
Chacun de ces mots mérite d'être pesé et entendu, Pascal. Ils devraient en tout cas nous parler à tous.
Nous autres qui sommes nés avec l'Europe pensions qu'elle avait été créée pour cela : pour bâtir des solidarités entre les peuples, mais nous nous trompions, les peuples avaient des Etats et ces Etats étaient des nations. Ces nations ont sauvé leurs banques, de sorte qu'elles n'ont plus de quoi aider leurs gens. Moins encore les gens des autres. C'est ce que disent notamment les Allemands aux Grecs : qu'ils n'ont qu'à aller se faire voir chez eux, ce qui amuse beaucoup les spéculateurs.
De sorte que nous nous trouvons aujourd'hui dans un cas de figure incongru : un pays exsangue va prendre la présidence d'une Union déboussolée. Ce que donnera cette conjonction inédite nul ne le sait, mais enfin si on a beaucoup ergoté sur le fait que la crise belge ferait perdre au pays la crédibilité nécessaire pour présider l'Europe, on a peu parlé de l'autre question, celle que l'on évite : celle de savoir si l'Europe elle-même est encore crédible. (...)