Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Celle-ci vous explose littéralement à la figure : sonore, visuelle, animale presque, monstrueuse certainement : c’est cela exactement que nous vivons aujourd’hui : une saignée pleine de bruits et de fureur, et l’on en comprend quelque chose en marchant —j’ai déjà dit ici que la promenade était pour moi une forme supérieure de la politique— : il faudrait marcher la politique. On comprendrait alors ce que Charlotte qui guidait en bilingue notre petit groupe appelait drôlement la « chevalisation », comment il n’y a pas que des francophones en périphérie, qu’il y a aussi beaucoup de chevaux et de poneys, car la ville domestique la campagne, il y a des enjeux, certes, mais également des jeux : la capitale a besoin de parcs attractifs et la terre qu’on ne cultivera bientôt plus servira demain de centre de délassement. C’est ça que vous voyez quand vous marchez. Une capitale et une région qui se regardent en chevaux de faïence, pour du sol, autour d’un ring qui n’a jamais si bien porté son nom.
Et c’est cela que vous ressentez tandis que vos chaussures s’ensablent : que la question est celle du droit au sol. Et pas du droit du sol comme l’on dit souvent en se trompant sur sa signification car le droit du sol, ce n’est pas un droit qui ferme l’accès mais un droit qui l’ouvre : le droit du sol c’est « qui est chez moi est de chez moi » et pas le contraire, le contraire c’est le droit du sang où il faut être de souche pour être de quelque part et c’est comique de s’apercevoir que l’on s’étripe sur des lois sans même connaître le droit. Et voilà Pascal, pourquoi je dis que les balades sont politiques : parce que, souche ou sol, vos pas au moins, ne laissent pas de racines. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.