Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

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En ce jour du mercredi 31 mars 2010, Imaginons un peu comment cela aurait pu se passer, Pascal. Je dis, imaginons, parce que, sur cette affaire, nos indications sont imprécises. Nous ne pouvons vous et moi que nous en remettre aux conjectures.
Disons donc qu'il s'agirait d'un homme. On va dire trentenaire, suisse, genevois. Il sort de son bureau parce que l'heure de midi a sonné, fait quelques pas sur la rue de la Croix d'or, tourne à gauche, vers le port, en empruntant la rue du Prince et puis, parce que cette matinée de novembre est légère, s'assied sur un banc, place du Port, sort le sandwich qu'il a acheté le matin, avant de se rendre au travail, sort un journal, sans doute « Le Temps » ou alors « La Tribune » et l'ouvre. Sa demi-journée traîne et les nouvelles sont tristes. Il a à moitié faim. Dans une poubelle, pas loin, il jette ce qui reste de son repas, reprend la rue du Prince puis celle de la Croix d'or, rentre au bureau.
Un oiseau veille qui attendra le soir. C'est une chouette. Elle est patiente. La Place du Port est déserte quand, de la poubelle, elle sort le pain, en déchiquette un morceau. Elle s'envole, son repas dans ses serres. C'est tout près là où elle va et le pain n'est pas lourd, mais tout de même, sur sa route, quelque chose la surprend. Un autre oiseau qui l'effraie ? C'est possible. On ne sait pas. (...)