Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Dans la petite maison où l'on tourne -- un anniversaire surprise qui va mal tourner - dans cette toute petite pièce, côte à côte, il y a Marijke Pinoy, une de ces comédiennes célèbres et aimées en Flandre et ignorée de nous, William Dunker, géant débonnaire et bluesman wallon au patronyme allemand - qu'a sti partout, di Marcinelle jusqu'à Gembloux - et puis là, en chemise, Roberto D'Orazio - Tubize, Duferco, les combats d'autoroutes, Alain Zenner, vous vous souvenez de tout cela - Roberto D'Orazio donc, l'ouvrier italien, qui réalise là ses premiers pas dans le cinéma et qui, à ce qu'on voit, fait exactement ce qu'on lui demande. La VRT est là qui filme cette rencontre improbable, ce précipité généalogique de Charleroi, cette fiction qui va dire que la vie des petites gens aussi peut bouger, qu'il n'y a pas de fatalité, qu'on est jamais à l'abri du changement et d'ailleurs, le film se tourne caméra à l'épaule, c'est-à-dire dans le mouvement des gens et à hauteur des hommes, Pierre Duculot veut éviter comme la peste le misérabilisme et tourner le dos, dit-il, aux conventions et aux clichés, on imagine que ça se verra à l'image.

Le titre, c'est « La Maison du Lucchese », et l'histoire mènera du Hainaut à la Corse, des terrils aux maquis, mais on sent bien que ce dépaysement entend surtout ramener à soi, et à Charleroi. On regarde l'équipe, pour la plupart de jeunes techniciens et des comédiens débutants et on se dit que c'est bien beau, la culture qui se fabrique.