Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

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En ce jour du vendredi 26 mars 2010, Figurez-vous que j'étais hier au pays des jaguars, Pascal. Enfin, je veux dire que j'étais chez les zèbres. Bref, hier, je suis parti à Charleroi, vous m'aviez compris. Et je suis allé au cinéma, plus exactement, je suis allé voir le cinéma en train de se faire. Trois plans, une scène. Une matinée.
« C'est un petit film de fiction carolo » me dit Pierre Duculot. « Pourquoi petit ? », je demande. Oui, pourquoi petit, alors que la rue Naye à Bois, à La Docherie, n'a pas vu cela depuis longtemps, une caméra qui la filme en la regardant vraiment : ses courbes et ses perspectives, le terril herbeux qui la borde, l'autre en face que l'on est en train d'araser juste au-dessus du chemin de fer, les tuyères de la centrale d'Amercoeur. Une rue qui grimpe haut vers le cimetière et descend droit vers le canal, une rue dont on voit bien qu'elle est grande, dans l'œil du réalisateur, et qu'elle grandira dans celui du spectateur. Et donc, Pascal, pourquoi petit ?
Pierre Duculot en est là à son premier long-métrage, il a deux courts derrière lui et des années d'enseignement dans une école sociale, d'autres encore d'organisation de festival, c'est un novice, un impétrant qui, sur son scénario, a obtenu un budget, un million, et 32 jours de tournage, alors encore une fois, pourquoi petit ? (...)