Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

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En ce jour du lundi 22 mars 2010, Je dois vous dire, Nathalie, que j'ai deux plaisirs secrets, le week-end : le bloc-notes que donne un écrivain le samedi à Libération et puis la chronique économique de Pierre-Yves Delhommais, dans le Monde.
Cette semaine, c'était Jean-Claude Carrière qui tenait le clavier dans Libé et j'ai déjà eu l'occasion de dire sur cette antenne tout le respect que j'ai pour ce complice de Pierre Etaix et de Luis Bunuel, vieux compagnon de ma route : où que je regarde dans mon itinéraire, je trouve toujours un peu de Jean-Claude Carrière.
Et ce week-end, donc, Pierre-Yves Delhommais, l'économiste, et Jean-Claude Carrière, l'écrivain, curieux, pas curieux ?, traitaient d'un même sujet, les élections régionales françaises, mais absolument pas alors, du point de vue de ses indications en termes de rapports de force politiques, de cela on parle beaucoup ailleurs, aujourd'hui y compris, aujourd'hui surtout. Non, ce qui les intéressait, eux, c'est de savoir in fine pourquoi, bon gré mal gré, ils allaient quand même voter.
Au matin du premier tour, Jean-Claude Carrière écrivit cette phrase : « J'irai voter comme un athée va faire sa prière ». Et il ajoutait : « Car je ne crois plus au pouvoir. Le réel est là, nous le vivons tous. Il pèse et oppresse et les promesses qu'on nous fait sont irréelles ». On suppose qu'au soir du deuxième tour, il n'a pas changé d'avis. (...)