Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Tandis que Patrick Chaboud, le directeur du Magic Land, s'indignait du peu de considération financière qui leur était faite, à lui et à sa compagnie, qu'il y avait un flux d'argent culturel vers les grosses structures, que les petites formes étaient délaissées, qu'il avait déjà le paillasson et qu'il préparait la clé. On avait entendu cela aussi, pas vraiment le même diapason, pas vraiment la même chose, mais tout de même, une sonorité compatible, avec le Théâtre Le Public et celui de l'Ancre, à Charleroi.
J'avais fini d'écouter cela quand, sur les dépêches, une annonce, comme quoi, en Wallonie, les associations environnementales, comme Inter Environnement, par exemple, commençaient aussi « à tirer la langue ». Des subventions non versées ou trop tard, des difficultés de maintien du personnel, quelque chose de décidément habituel.
Et je me suis dit, qu'arrive-t-il donc aux petits, aujourd'hui ? Eh bien, Pascal, c'est de Haïti que m'est venue une réponse possible. Un professeur français de droit international, Philippe Ryfman, livrait hier quelques considérations d'après séisme et notait un tournant majeur dans l'humanitaire : l'effacement des petites structures devant l'omnipotence des Etats, lisez ici les Etats-Unis, installant de fait, une espèce de complexe « militaro-humanitaire » qui lamine tout et décide intégralement. Ce professeur pointe le risque du remplacement de la diversité par une sorte de totalité où il est entendu que seuls les grands et les gros ont la capacité de survivre et de faire survivre. Peut-être après tout, Pascal, que nous sommes tous un petit peu Haïtiens. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.