Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et donc, en enfer, les pompes et les circonstances : il faut rappeler que Ferrat était sans doute le chanteur le plus censuré de France, ça c'était politique, et le chanteur le moins diffusé de l'Hexagone, mais ça, c'est médiatique.
Passée cette hypocrisie, lot commun de temps dont les mémoires sont désactivées, disons aussi que Jean Ferrat fut un chroniqueur rare. C'est Blaise Pascal qui s'excusant d'avoir envoyé une lettre un peu longuette écrivit, dans son envoi, qu'il l'avait faite plus longue parce qu'il n'avait pas eu le loisir de la faire plus courte. Hé bien, « Ma Môme », chanson emblématique absolue d'une époque où devenir ouvrier n'était pas un rêve comme on le disait l'autre jour à propos de Florence Aubenas et de sa plongée chez les précaires et les invisibles de Caen, mais un présent revenant à la chaîne et un futur à déchaîner, hé bien, « Ma Môme » dure exactement 1,56 minute et contient 207 mots, articles compris. Jusqu'ici, pour que vous sachiez un peu, mon billet en comporte 377, de mots, c'est dire comment on peut faire entrer de l'Histoire dans une chanson, et comment la chanson aussi, à un moment, devient de l'Histoire. Et pour que l'histoire soit complète et juste aussi, rappeler que derrière un grand œuvre se cachent souvent des anonymes, c'est Pierre Frachet, totalement oublié, qui écrivit ce texte et cela valait bien aussi un hommage, car il faut parfois être beaucoup pour écrire peu.
C'est cela sans doute aussi « être des hommes ensemble » à construire quelque chose de la vie des autres. Et on peste de se dire que hier, Jean Ferrat, homme de terroir qui fut aussi conseiller municipal, toujours la vie des autres, a dû s'abstenir aux régionales. On ne se demande même pas ce qu'a fait Didier Barbelivien. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.