Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Armand De Decker est né en 1948, il a donc eu vingt ans en 68, il a fait ses études à l'ULB, il a 62 ans et il est toujours aux manettes. Serait-ce donc cela être post-soixante-huitard ? Je sais bien ce que disait Arthur Koestler des hommes politiques français - que leur carrière se lisait comme un livre, de gauche à droite -mais ça ne peut pas valoir dans mon pays de bonne humeur et donc, non, ce n'est pas non plus, Armand De Decker n'est pas post-soixante-huitard.
Alors je me suis penché vers ceux qui sont aux manettes aujourd'hui, pour ce qui est de lutter contre la délinquance. J'ai commencé par notre ministre de l'Intérieur. Annemie Turtelboom. Elle est née en 1967. A un an, on lui fera crédit des barricades, si vous voulez bien. Côté français, dans les mêmes attributions ministérielles, Eric Besson avait dix ans tout juste en 1968 et son prédécesseur Brice Hortefeux, exactement le même âge. Ça pourrait coller. Qui dira cependant que ce sont eux qui professent l'interdit d'interdire ? Je faisais chou blanc, Pascal, je ne trouvais pas.
Alors j'ai cherché la définition de post-soixante-huitard. Il s'agit d'un adjectif masculin singulier, apparu dans les années 80, un adjectif décliné à partir de « soixante-huitard », qui s'applique à ce qui concerne les événements de mai 68. Post-soixante-huitard qualifie donc des événements s'étant déroulés après mai 68. A cette aune, Pascal, nous sommes tous post-soixante-huitards, même vous, surtout vous, qui êtes né en 1983. Mais non, ça ne peut pas non plus être vous. Parce que je ne vous ai jamais entendu dire qu'il était interdit d'interdire. Vous, votre devise ce serait plutôt : « Il est permis de permettre ». Allez belle journée et puis aussi bonne chance.