Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

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En ce jour du mercredi 10 mars 2010, Je le disais l'autre jour, Pascal, on ouvre le journal et on se tient informé. C'est une page presque entière parue le week-end dernier qui nous a alerté.
Quelque chose du genre à vous réconcilier avec le genre humain contemporain : des gens, à Auderghem, qui meublent des sans abris réfugiés sous un pont d'autoroute. Car oui, Pascal, les temps changent : on dort toujours sous les ponts, mais ce n'est plus comme du temps de Francis Lemarque. Ce sont toujours des ponts, mais ce ne sont plus les mêmes, ce n'est pas Paris et ce n'est pas la Seine et les chalands qui passent sont des dix tonnes, ils font un bruit incessant par-dessus votre tête pour vous rappeler sans doute que vous, comme du temps de Francis Cabrel, vous restez là à chercher votre place dans le trafic.
C'est sous ce viaduc, donc, que logent depuis plusieurs mois quelques sans domiciles. L'article nous dit que, je cite, « sous le toit bétonné de la voie rapide, des meubles ont commencé à fleurir ». Des couvertures par dizaines, précise-t-on, un réchaud, une malle contentant « des trésors de nourriture », des matelas. Ce monde-là semble tout à coup tourner un peu plus rond. Mais comment, se demande la journaliste, « comment tout ce mobilier s'est-il retrouvé de l'autre côté de ces murs ? » Et elle répond : « Contrairement à ce que l'on pourrait croire, aucun cambriolage n'a été perpétré ici. (...)