Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

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En ce jour du mardi 9 mars 2010, On entendait Florence Aubenas en direct de la Foire du Livre et on se disait, si le journalisme a un prénom aujourd'hui, c'est celui-là : Florence.
Florence Aubenas a passé six mois à Caen, petite ville portuaire normande - elle le racontait hier à Laurent Dehossay sur Culture Club- à fréquenter les agences d'intérim pour trouver du travail. Elle visait au moins vendeuse, elle a trouvé technicienne de surface dans un ferry, à nettoyer des sanitaires. Enfin, on ne dit plus cela, nous informe Florence Aubenas : technicienne de surface est, dit-elle, un terme de la crise précédente, aujourd'hui en français d'agences et de plans emplois, ça s'appelle désormais « agent de propreté ». Nous, avant, nous disions « femme de charges » et le terme, à ce raconte Florence Aubenas sur son boulot de nettoyeuse de douches et de cuvettes, était bien plus juste parce que beaucoup plus lourd. « Femme de charges », ça pesait rien qu'à le prononcer. On avait tout d'un coup comme un coup dans les reins.
Cette plongée dans les humiliations, les grosses journées et les petits salaires, elle l'a effectuée sous son vrai nom, elle n'a rien déguisé du tout, à l'inverse de ce qu'avait fait Günter Wallraff, autre journaliste travaillant en apnée, lorsqu'il se grima en travailleur turc dans l'Allemagne toujours fédérale de 1985 et d'Helmut Kohl. (...)