Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2010
   


 
 

:



En ce jour du lundi 1er mars 2010,
On ne va pas mentir aux auditeurs, Nathalie, on n'est pas là aujourd'hui. Enfin si, on est là quand même. La preuve : je vous parle et, j'espère, vous m'écoutez. On est juste pas en direct, c'est tout ce que je voulais dire.
Il y a quelque temps encore, je vous fiche mon billet, c'est bien le mot, que je n'aurais rien trahi et que j'aurais fait semblant. Vous m'auriez dit « Bonjour Paul Hermant », je vous aurais répondu « Bonjour Nathalie » et bien malin celui qui y aurait vu du feu. Après tout, les studios de radio sont peuplés de fantômes et les voix qu'on y entend assument le plus souvent cette belle présence que procure l'éloignement.
Mais depuis qu'on a installé dans ce studio des caméras qui filment notre parole, depuis en vérité que le verbe s'est fait chair, c'en est fini des ondes, de leur magie et de leur confort. Je me demande même parfois si ces caméras que nous avons là ne sont pas à leur manière des caméras de surveillance, notre souci de transparence est décidément impossible à rassasier. Tout doit être vu, y compris notre absence. Et pour celles et ceux qui veulent vraiment vérifier, ils n'ont qu'à allumer leur téléviseur, ils verront bien que mon micro est éteint. (...)