Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Mal travailler ? Ici, on raconte une histoire trouée. On veut dire : de rayons aux produits manquants, de folders publicitaires plus imprimés, de promotions introuvables, de chemisiers aussi, de vêtements de travail plus remplacés et troués. Cet hyper devenait un désert. Cela faisait plusieurs mois, quelques années même que l'histoire était écrite. Mais ici, on n'a pas su ou pas voulu lire dans les trous. On a cru le sourire en vidéo de Gérard Lavinay que la direction des ressources humaines a projeté en novembre dernier et qui rassurait : « 2009 était une année de transition, 2010 celle du redémarrage ».
Alors, on lit une lettre : celle que l'on a reçue ce matin et qui annonce votre licenciement. Celle qui dit que 4.664 emplois sont concernés par des magasins structurellement déficitaires et qu'il était donc nécessaire de réagir. Que des mesures sont prises et que, je cite, « elles devraient permettre, selon nous, de sauver 2.992 emplois ». On lit ça en goûtant le style.
On calcule aussi, parce que la lettre ne le fait pas, le nombre de ceux qui, on le déduit, ne seront pas sauvés. 1672 donc, le compte est bon. L'homme qui tient la lettre en fait partie, c'est ce qu'on lui annonce. Et pour qui on ajoute : « Nous osons espérer que vous comprendrez que ces mesures sont indispensables pour assurer l'avenir de Carrefour Belgium et sauver un maximum d'emplois ». Car c'est ainsi désormais : un employé licencié, ce n'est pas un type qui perd son travail, mais quelqu'un qui sauve un emploi. J'étais donc hier, Pascal, parmi des gens qui ont sauvé de l'emploi et qui en déclarant samedi une grève générale espèrent en sauver encore beaucoup d'autres. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.