Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 25 février 2010, Peut-être, après tout, n'avons-nous plus envie ou plus moyen de manger ce qu'on nous propose ni d'acheter ce qu'on nous vend, Pascal. J'ai bien écouté, depuis deux jours, les commentaires faits par les gens du groupe Carrefour et les commentaires faits sur les gens du groupe Carrefour.
C'était étonnant. A aucun moment on n'a parlé de moi. Je veux dire, de ce que je mange, de ce que j'aimerais manger, de comment je fais à manger et puis aussi dans quoi je mange et à quelle heure je le fais, enfin ça n'avait l'air de n'importer à personne de savoir si les produits que vend Carrefour aboutissaient sur mon assiette et si ça m'intéressait d'acheter mes couverts chez Carrefour.
Non, au lieu de cela, j'ai eu droit à un discours fleuve sur cette structure de coûts salariaux anormale que dénonce la direction juste avant d'apprendre, dans la foulée et par une autre direction mais la même, l'ouverture de nouveaux magasins Carrefour en ex-Yougoslavie, avec ceci en prime, pour ne pas dire en bonus : « La recherche de la croissance est l'objectif prioritaire ». Si vous voulez mon avis, Pascal, les ennuis commencent quand on s'intéresse plus la croissance de son chiffre d'affaires qu'à celle des légumes que l'on va vendre. Hier Gérard Lavinay, patron de Carrefour en Belgique, disait à peu près « Pourtant, on sait faire le métier ». Peut-être, mais lequel ? (...)