Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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De sorte que l'imprévision et l'imprévisible sont comme des synonymes alternés de l'insécurité, car ces temps de catastrophes sont aussi ceux où nous jaugeons les risque qu'il y a à vivre la condition humaine, c'est-à-dire cette absence absolue de sécurité où même la neige en hiver parvient encore à nous surprendre.
Et c'est à ce moment-là -celui où nous voudrions à toute force endiguer le risque par la technologie, la décision politique, le renforcement des budgets ou par n'importe lequel de ces artifices par quoi l'homme entend conjurer son sort- que l'on apprend cette histoire de ces agents de l'Etat qui, si l'on en croit ce qui est rapporté, ont appliqué ce que l'on appelle « le monopole de la violence légitime » avec le même zèle que des GI américains à Abou Graib.
Je parle des ces 14 policiers fédéraux des chemins de fer de la gare du Midi inculpés pour avoir commis, en 2006, des faits de violence elle aussi absolue, on appelle cela de la torture en bon français, battant et frappant le petit peuple des gares, tondant une jeune tzigane, fouettant des sans abris, sautant à pieds joints sur des colonnes vertébrales, offrant une victime à blesser pour un anniversaire, on en passe, on ne voudrait pas abuser du sel dans le café.
La gare du Midi, c'est déjà un peu Anderlecht, zone de tolérance zéro. A la gare du midi, on trouve parfois des sans abris morts sous les quais ou dans des réduits. Deux en 2004, un en 2009, ce sont de toutes petites catastrophes. On ne sait pas pourquoi, on s'inquiète terriblement ce matin pour la sécurité à la SNCB. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.