Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 
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Et plutôt que de se partager le monde, comme on le dit usuellement, on y jeta surtout les bases des Nations-Unies, on se partagea l'Allemagne, ça oui, et l'on résolut sans sourciller que « l'établissement de l'ordre en Europe et la reconstruction des économies nationales doivent être réalisés par des procédés qui permettent aux peuples libérés (…) d'établir des institutions démocratiques de leur choix ». On aime beaucoup le mot « choix ». On sait comment Staline le prononca. Et c'est sans doute pour ce mot là que la guerre froide succéda bientôt à l'air marin de la Crimée.De cette guerre froide, il nous reste des traces. Tenez, vous avez entendu cette histoire de ces activistes pacifistes qui fin janvier dernier réussirent à pénétrer sur la base militaire de Kleine Brogel où, depuis que Pieter de Crem l'a dit et que Nizar Trabelsi y projeta un attentat, personne ne peut plus ignorer qu'elle renferme 20 bombes nucléaires américaines. Enfin, enferme, c'est une façon de dire, puisque ces activistes en plus d'avoir franchi les grillages trouvèrent aussi les hangars ouverts prirent des photos et filmèrent avant d'être arrêtés, après une heure et demi de balade, tout de même. Mais la suite fut rude. « Les militaires nous ont bandé les yeux pendant des heures, ils nous ont forcés à nous mettre à genoux dans la neige, les bras tendus à 90° et nous ont menacés si nous avions l'intention de revenir dans les mois à venir. Nous avions tout vu sur la base, mais ils ne voulaient pas que l'on puisse voir quels militaires nous intimidaient", témoigne l'un de ceux qui s'appellent des « Bomspotters ». Sur ce traitement dégradant que certains n'hésitent pas à appeler autrement, nul commentaire. 65 ans après Yalta et le fameux mot « choix ». Ah vraiment, Pascal, salaud de Staline. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.