Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Alors, écoute bien, Genseric, ceci est pour toi, je te lis et je résume : s'avérer ne s'emploie plus, dit Joseph Hanse, dans le sens originel qui signifiait « se faire reconnaître comme vrai, se vérifier », son usage moderne veut plutôt dire « se révéler réellement » comme dans « des promesses qui s'avèrent illusoires ». Et donc, dit mon grammairien, une fois le sens changé, « je ne vois rien d'anormal, en soi, à dire s'avérer faux ni même s'avérer vrai ». Même si plus loin, il concède : « J'évite de dire « s'avérer vrai » et même « s'avérer faux » ; mais c'est affaire de style et je me refuse à condamner comme illogique « s'avérer faux ». Est-ce plus logique que de dire « s'avérer impuissant, inefficace ou illusoire » ou d'affirmer que « c'est vraiment faux » ou que « c'est bien mauvais » ? ». Voilà ce qu'il dit.
Tu ne me crois pas, Genseric ? Prenons un exemple dans le réel qui n'est donc pas le vrai. Hier, on disputait de savoir, suite aux premiers accrocs de la tolérance zéro à Anderlecht, ces jeunes relâchés après avoir eté arrêtés, s'il s'avérait vrai qu'il y avait des places en centres fermés comme le soutenait la ministre ou si cela s'avérait faux comme le prétendait le Parquet. Moralité : il s'est avéré que le listing consultable par ordinateur et que regardent apparemment les services de la ministre est trop peu fiable pour ne pas être doublé d'une requête téléphonique. L'informatique vous annonce qu'il reste des places quand la personne à laquelle vous vous adressez directement vous signale qu'il n'y en a plus. Une même chose peut donc s'avérer vraie et s'avérer fausse. Cela dépend du point de vue dont on regarde le réel. Ah, qu'elle est difficile, la grammaire de la politique. Allez, Genseric, je veux bien un café et puis belle journée et puis aussi bonne chance.