Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Il y a au moins trois Anderlecht, Pascal. Cureghem, entre la gare du Midi et le canal, et puis derrière le canal la rue Wayez et Saint Guidon et puis derrière encore le Parc Astrid où, il y a 48 heures, tout le monde a applaudi le but en or d'un petit Marocain renvoyant ces Flamands de Bruges à la maison avec un zéro pointé. Ici, la tolérance footballistique est de 3-2.
Josiane habite dans cette zone intermédiaire, pas loin de la Place de la Vaillance, ce quartier que le photographe Pierre-Yves Thienpont qualifiait hier dans le Soir de "tissu mixte plutôt harmonieux en train de s'effriter".
Cureghem, vu de là, est presque un souvenir de jeunesse. Sur le chemin, elle décrit ce qu'elle a connu et qu'on ne voit plus et ce que l'on voit, elle le reconnaît à peine : ça fait longtemps qu'elle ne fait plus la route vers la maison communale, depuis peut-être que Cureghem ne veut plus dire "école vétérinaire", c'était dans les années 90, un tournant, une glissade.
Josiane note les volets baissés autour du square Albert et s'étonne presque que les jeunes gens qui vous frôlent vous demandent pardon de vous avoir touché. Ce n'est pas beau, ce n'est pas propre, les immeubles sont laids et les trottoirs ennuient Josiane, mais les gens marchent et vaquent.
Dans ce magasin, elle s'inquiète auprès de la vendeuse de sa percpetion des événements. C'est simple, la jeune fille ne se sent plus en sécurité depuis qu'il y a plus de police. Décidément, personne ici ne voit les mêmes choses. Car le bleu des uniformes n'a pas envahi les rues, à ce qu'on regarde. Si, ici, au coin de la rue de l'Instruction, des jeunes, un attroupement, deux voitures arrêtées, trois policiers. Qui dressent un constat, en rigolant. On se dit que ça a l'air finalement assez drôle, cette tolérance zéro.
Alors, on se demande : est-ce qu'on était dans le moment de l'événément, est-ce qu'on était après ou bien qu'on est arrivé avant ? Allez belle journée et puis aussi bonne chance.