Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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C'est tout le contraire ! Nous ne sommes pas la source des problèmes, mais un maillon essentiel de la solution. Stop à la culpabilisation. Trop, c'est trop". Et même aussi te veel, aurait-on envie d'ajouter, hein Pascal.
Car là, le chroniqueur ne peut s'empêcher de faire lui aussi un peu d'introspection. Car on imagine bien que le contenu de cette pétition s'adresse aussi aux médias. Or il travaille dans un média. Donc il s'interroge.
Serait-il allé trop loin la semaine dernière, devant l'usine d'Inbev à Jupille, lorsqu'il s'était laissé aller, devant ce fameux brasero de palettes, à souligner l'intelligence de la réaction des ouvriers et des employés de la brasserie : la mesure, d'une part, la détermination de l'autre, et l'invention aussi qui y était en cours, le travail contre le lock-out, cette sorte de bras de fer psychologique où l'on vit les uns utiliser à leur profit la force de l'adversaire ?
Car on apprend désormais très vite, lorsque l'on est au bord du licenciement. On apprend que pour redresser une chose, il faut la tordre davantage. Ou qu'il faut troubler l'eau pour faire remonter le poisson. Ou qu'on peut éteindre un feu en rajoutant du bois. Je tiens cela d'un psychothérapeute italien, spécialisé en stratégie, Giorgio Nardone, et de son livre "Chevaucher son tigre", dont je me demande s'il ne s'achète pas intensément du côté de Jupille.
Ah oui, Pascal, la crise n'a pas que des impacts sociaux, elle oblige aussi à cette sorte de surenchère de l'agit-prop dans laquelle, comme on le voit, le patronat vient aussi de s'engager. Les codes bougent, si même les ligne restent intactes…
Une seule chose lie encore aujourd'hui le patronat et les syndicats. Sur leurs sites respectifs, là où figurent l'appel à pétition d'une part, et l'appel à manifestation, d'autre part, il y a aussi un autre appel : celui à la solidarité avec Haïti. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.