Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2010
   


 
 

:

En ce jour du vendredi 15 janvier 2010, Il y a des endroits comme ça, Pascal, que vous n'êtes sûr d'avoir trouvés que lorsque vous y êtes arrivé. Je m'explique : j'étais hier à Haren, c'est-à-dire à Bruxelles, Bruxelles-ville je veux dire, et pourtant c'est le bout du monde.
Haren, c'est l'arrière-pays industrieux du Pentagone, son cellier, sa remise, son garage, en bref, tout le monde appellerait cela une banlieue si l'on y voyait des immeubles tours plutôt que ces petites maisons sorties tout droit du pays flamand. Nous sommes là dans un village, un gros village aux rues étroites qui sont des entrelacs, rattaché à Bruxelles en 1921, ici on dit "annexé". L'église Sainte Elisabeth est bien jolie et l'on repave tout autour, le centre est tout petit, avec son centre culturel flamand et sa maison de quartier, on pourrait se croire ailleurs, mais il y a toujours quelque chose ici qui fait dévier votre regard ou qui vous vrille l'oreille : la route, l'eau et l'air font cause commune pour vous rappeler à l'ordre de la modernité triomphante.
Il y a tout, un canal, des lignes de chemin de fer, l'autoroute qui bientôt surplombera un bout du village, le dépôt principal de la STIB, et puis bien sûr les avions, nous sommes à un coup d'aile de Bruxelles national, c'est vibrant : le tout mangeant le paysage, le rongeant aussi, il y a des terres, à Haren, et puis 4000 habitants qui accueillent également l'OTAN et puis la fameuse station d'épuration nord d'Aquiris, on vous le disait, les gens d'Haren se pensent enclavés et encerclés, mais en vérité, ils sont le centre du monde, de notre monde. (...)