Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Ça m'a fait penser, c'est ma deuxième bribe, à quelques phrases de la philosophe Françoise Proust qui disait à peu près : " Le passé vient trop tard (son heure est passée) et l'avenir trop tôt (il n'est pas encore temps), à moins que ce ne soit le contraire : que le passé ne vienne toujours trop tôt et le futur trop tard, mais enfin, il reste que le présent n'est jamais actuel et ne saurait venir à l'heure, soit qu'il ait un air de déjà vu, soit qu'il soit du jamais vu et donc qu'il ne soit pas reconnaissable".
J'en étais là dans mes bribes et mes récoltes à me demander si les pogroms calabrais de Rosarno de la semaine dernière appartenaient déjà à un passé dépassé ou préfiguraient un futur possible car enfin, Pascal, la question devant ces razzias anti-immigrés -que même simplement évoquer salirait la bouche car il faudrait pour cela prendre l'accent de la mafia et c'est un accent sale -, c'est de savoir si ce que nous voyons aujourd'hui est du vieux monde qui suffoque ou bien le premier souffle d'un avenir irrespirable ?
Je me demandais ça quand, c'est ma troisième bribe, j'ai lu dans le Monde trouvable ce matin, qu'Edgar Morin, sociologue, d'autres disent philosophe, on dira simplement Edgar - il nous accompagne depuis si longtemps, 89 ans aux fraises Edgar, un gamin - qu'Edgar disait sa confiance prudente dans le futur, qu'il appelle plutôt qu'à une révolution à une métamorphose dont il voit déjà des signes ici et là et nous invite à inviter l'improbable à notre table et à penser le futur comme un origine. Parfois, ils font un bien fou les gamins de 89 ans, ils nous rappellent que le présent est bien une apocalypse, c'est-à-dire une révélation, une découverte, presque déjà un appel, une mobilisation. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.