Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2010
   


 
 

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En ce jour du vendredi 8 janvier 2010, Ciergnon, Pascal, est un village aux rues imprévisibles : aucune ne vous mène vraiment quelque part et aucune non plus ne retourne tout à fait d'où vous veniez. 150 âmes et moins encore de cheminées. Et puis aussi, de nulle part, on n'aperçoit le château.
C'est pourtant pour lui qu'on était venu. Mais non, pour le voir il faut monter vers Rochefort ou alors descendre vers Villers, ici on dit Villé, par une route agréable qui propose toutes sortes de petits ponts. Et c'est là, on l'apprit avant Noël -la première vague de froid- que le Roi avait décidé d'héberger un peu de la misère de la rue en hiver. On salua l'idée, mais enfin, on s'étonna. Des sans abris au château ? Et pourquoi pas non plus des sans papiers ?
Mais si l'on ne voit pas le château, Pascal, c'est peut-être parce que ce n'est pas lui qu'il faut regarder. Mais plutôt, sur la route qui descend de la E411, s'arrêter au n°10, ce bâtiment rectangulaire sur le fronton duquel on peut lire, délicat reliquat de temps révolus, "gendarmerie nationale". Cet immeuble fait partie, comme le château, de la Donation royale, ces biens cédés à la Belgique par Léopold II et que la Belgique, en retour, met à disposition de ses rois. C'est là en fait l'hébergement des demandeurs d'asile.
Au n°10, des sacs poubelles et du tri sélectif mais point de gravats. On s'inquiète. Il n'y a donc encore personne ? Les travaux n'ont-ils pas commencé ? (...)