Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2009
   


 
 

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En ce jour du jeudi 17 décembre 2009,
Que dire après cela, Pascal ? Après quelques secondes de l'Affiche rouge de Léo Ferré, une mise en musique d'un poème de Louis Aragon ? Que faire, sinon continuer avec un autre poète, René Char, qui écrivit un jour : Ils refusaient les yeux ouverts ce que d'autres acceptent les yeux fermés ?
Et là, pourtant, leurs yeux sont fermés. Enfin, on imagine car ils sont bandés, cagoulés, cachés. Et de toute façon, ces hommes sont morts ou vont mourir.
Il y avait une affiche, rouge. Il y a aujourd'hui trois photos, noir et blanc, et dessus, un peloton d'exécution et ce qu'il reste de 4 hommes qui viennent d'être fusillés ou qui attendent de l'être. On dit "ce qu'il reste" parce que les poses sont à la fois grotesques et nobles. C'est peu de choses un homme qui meurt attaché, et c'est beaucoup.
Ces photos que je vois dans la presse sont légendées. On trouve des noms dessous. Des noms qui " à prononcer sont difficiles" : Emeric Glasz, Marcel Rajman, Tomas Elek ou Rino Della Negra. On se dit peut-être, on se dit sans doute… Serge Klarsfeld, lui, affirme les avoir identifiés. (...)