Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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(...) un Libanais avec une langue de cèdre, une Allemande avec une langue de forêt noire, un Indien à la langue de santal, un Chinois à la langue de gingko pour vivre vieux, un autre Chinois, ils sont beaucoup, à la langue d'arbre aux mouchoirs pour pleurer un peu, un Australien à la langue d'eucaplyptus pour soigner la toux du ciel, un Congolais à la langue d'hévéa qui fait les colonies, un Sénégalais à la langue de baobab, un Brésilien à la langue de pernambouc pour la forêt de l'Amazone et les garimperos, un Américain à la langue de magnolia et à la parole de rose, un Coréen à la langue d'hibiscus, un Ecossais à la langue de chardon, un Irlandais à la langue de trèfle, un Egyptien à la langue de papyrus, un Japonais à la langue de laurier-rose d'Hiroshima et bien entendu, un Letton rêveur à la langue de tilleul.
C'était comme ça dans mon imagination, Pascal, et c'était magnifique, toutes ces senteurs mêlées. Mais bon, on savait bien aussi qu'après les discours, le temps des négociations viendrait. Avec des calculs, des dettes, des compensations, enfin, ces choses sonnantes et trébuchantes que réclament les pays du sud aux gens du nord. Car on sait bien qu'il va falloir payer. Et on s'est dit : pourvu que le chèque, au moins, ne soit pas en bois. Mais après tout, hein Pascal, la seule chose dont on soit vraiment certains aujourd'hui, c'est de la solidité du bois des matraques danoises. Là, au moins, à voir les bosses et les fosses, les développement sont durables. Allez belle journée et puis ausis bonne chance.