Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On apprend enfin que BNP Paribas Fortis, on dirait décidément un nom à particule, commercialise un nouveau compte en banque en ligne où votre dépôt minimum de 12.500 euros vous rapportera 2,5% d'intérêts si vous le laissez un an, 1% si vous le retirez entretemps.
On apprend, en fait, que pour sortir de la crise, hein, Pascal, la solution, comme disait l'autre, c'était d'acheter une banque, pas d'y placer son argent ni d'y demander un crédit de caisse. Et l'on entendait l'autre jour l'essayiste Eric Laurent tempêter contre ceux-là à qui on devait le cataclysme financier et qui, disait-il, en sont aujourd'hui les seuls bénéficiaires.
Et comme si ça ne suffisait pas, l'on apprend, décidément on n'en finit pas d'apprendre, que les banques ainsi que les assurances, soyons de bon compte, ont un bilan carbone catastrophique et sont responsables de plus d'émissions de C02 que les entreprises pétrolières, par exemple, ou que les compagnies d'aviations. Il s'agit d'un étude française, certes, mais enfin, avec BNP Paribas Fortis, on ne peut plus dire qu'on n'est pas concernés.
Vous allez me dire, Pascal, comment une banque peut-elle polluer l'atmosphère, on veut dire, la vraie ? Ben, c'est simple, en finançant et en investissant dans des projets polluants. Car comme dit le WWF, rénover des agences en haute qualité environnementale est évidemment louable, mais regarder à ce qu'on finance le serait plus encore. Ce qui fait que là où le secteur de l'aviation dépense 105 millions de tonnes équivalent CO2, les banques en dispensent 3.680 millions. D'abord, la crise financière et puis maintenant le dérèglement climatique ? Ah, Pascal, si on pensait à ce qu'on dépense, on commencerait à compenser ou à penser qu'on pense con. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.