Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Nikita Khrouchtchev, l'homme qui faisait parler ses chaussures, aurait été bien content : voir une guerre froide d'en haut, peut-être que ça lui aurait un peu réchauffé le cœur..
Mais à la réflexion, il n'aurait pas pu le voir, le mur, Youri, pas plus que Frank De Winne n'aurait pu observer les minarets. C'est Michel Tognini, le chef du Centre Européen des Astronautes à l'ESA, l'agence spatiale européenne, qui a expliqué pourquoi hier sur ces antennes, et c'était beau comme il avait tourné sa phrase, il a dit : « « Vu du ciel, la terre est apolitique et sans frontières ». Pas de mur donc, et pas de minarets. Juste, comme l'a ajouté Tognini, juste de la fragilité. Une terre fragile, apolitique et sans frontières. Si c'est tout ce qu'il reste des six mois de Frank De Winne dans l'espace, on est preneur.
Pour avoir pu voir tout cela, Frank De Winne est ressorti hier sur une civière, pantin, chiffon, poupée, comme les hommes qui se frottent à la fragilité. Ça nous a rappelé une autre image vue la veille, cette d'un autre homme allongé, brancardisé, vétuste, croulant rattrapé par le temps, John Demjanjuk à son procès. Décidément, tout sort en civière, ces temps-ci, sur la terre comme au ciel. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.