Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 27 novembre 2009, Au moment de rentrer en prison, il me dit cette phrase étrange : "Il y a des gens adorables ici, vraiment", mais ses mains tremblent au moment de glisser au guichet son billet d'écrou.
Il demande, s'il va rester ou pas, combien de temps ça va lui prendre pour savoir. On lui répond : "Entre 5 minutes et une heure". Le sas l'avale. Je le regarde s'en aller en me demandant si la porte de la prison va s'ouvrir dans l'autre sens. J'attends entre 5 minutes et une heure, mais l'heure passe, une autre encore, et puis jusqu'à cinq comme ça. Et puis il émerge.
Il y a deux jours, Pascal, j'ai accompagné un homme en prison. On va dire, Badis, la quarantaine, Algérien. Et on n'ajoutera rien de plus. Sur le fond du dossier, on ne se prononcera pas. On dira simplement, il a pris sa peine dans ses mains et a voulu l'exécuter, mais voilà, comme on va le voir, il est parfois bien compliqué de payer, comme on dit, sa dette à la société.
C'est une histoire longue qui date de plusieurs années, il y a des retards, des reports, des appels, c'est une histoire judiciaire, embrouillée comme parfois elles peuvent l'être. Bref, ça dure. Lorsque l'audience finale se profile enfin, son avocat vient de mourir. Il pensait, Badis, que l'audience reportée d'office. Il n'y va pas. Erreur. Le voilà condamné par défaut. Il fait opposition lorsqu'il se présente un peu plus tard, et volontairement, au greffe de la maison d'arrêt de Forest. C'est procédurier. Ça devrait aller vite, très vite. Chaque jour, il pense sortir. Ça prendra trois mois. (...)