Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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C'est étrange, tout de même, cette précipitation, cette fièvre, cette impatience, dirait-on, à chercher des crosses à la monarchie qui semble faire les frais, ces temps-ci, d'une sorte d'inconscient médiatique qui, comme chacun sait, cache plutôt qu'il ne montre.
Ah, il faudrait savoir quelle satisfaction exactement cela procure de divulguer quelque chose avant tout le monde. Et nous qui, ici, tâchons autant que faire se peut d'épouser l'ombre portée du monde, nous voulons dire quand le soleil s'en est retiré et que nous pouvons recommencer à composer avec le silence des choses, nous autres donc, n'avons pour les empressements et les emportements qu'une considération minimale, nous connaissons la vague et l'écume, nous avons appris que même l'essence pouvait être facultative, nos pipe-lines sont pleins des anecdotes du temps et nos tuyaux à nous sont décidément toujours percés. Ah oui vraiment, Pascal, aller vite n'est pas un plaisir, c'est un excès, on le sait, et donc quand la presse est pressée, on se demande si par hasard, on ne l'aurait pas aussi pressée un peu…
Et c'est ainsi, chères auditrices contemporaines, chers auditeurs postmodernes, que jamais déclaration gouvernementale fut autant plombée, apportant avec elle à la fois suspicion et résignation. Comme s'il y avait toujours avec Yves Leterme, un coup de téléphone qui se perdait ou un mail qui partait trop vite. On laisse un poète japonais pour retrouver une cour florentine. Avec tout ça, je vous le demande, est-ce que ça valait la peine, assurément, de changer de gouvernement ?
Allez belle journée et puis aussi bonne chance ! Et comme on dit au 14 rue de la Loi, la fuite au prochain numéro.