Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 20 novembre 2009, Ma chronique nomade de cette semaine, Pascal, c'était un peu comme de s'arrêter au camp de base avant d'entreprendre l'ascension du sommet.
Car, voyez-vous, j'ai arpenté en moins de 24 heures la plus grande des failles qui puisse se trouver aujourd'hui dans notre pays de bonne humeur : je suis allé du Quartier Nord, là où des associations ont planté un village de tentes pour y recueillir des demandeurs d'asile sans abri, au Quartier Schuman où l'on allait décider de l'identité du premier Président du Conseil européen.
Et tandis que mercredi soir, j'assistais à l'ouverture du camp de réfugiés ouvert de façon très fédérale par MSF, le Ciré, Médecins du Monde, Caritas et Vluchtelingenwerk, je suis arrivé pile le lendemain pour la fermeture du rond-point devant le Berlaymont et le Juste Lipse là où des policiers dressaient leurs chevaux de frise. De sorte que j'aurais pu croire, voyez-vous, que ces jours-ci, Bruxelles n'était qu'un camp clôturé.
C'est de la place Gaucheret, à Schaerbeek, dans ce que l'on appelle aujourd'hui "l'Espace Nord", que se fit, en 1835, la première liaison ferroviaire européenne continentale.
Elle reliait Bruxelles à Malines, ce n'était pas grand-chose, mais aujourd'hui, par une de ces collisions dont la symbolique est friande, c'est là qu'aboutissent des demandeurs d'asile cherchant un pauvre abri pour la nuit, une tente d'urgence, de la toile, un tissu jeté sur le froid. (...)