Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Hier, au petit matin, nous entendîmes sur cette antenne l'ancien procureur du Roi Benoît Dejemeppe, aujourd'hui au Comité de surveillance des prisons, plaider pour un service minimum des surveillants en cas de grève. Car, expliquait-il, "eux seuls incarnent la continuité dans la prison" dans des moments, a-t-on compris, où l'absence d'autorité, on veut dire de hiérarchie, ouvre la porte à toutes les dérives. Que voulait-il dire par là, sinon qu'il fallait que des surveillants surveillent désormais d'autres surveillants ? Est-ce donc cela qui se cachait sous les cagoules des cahots ?
Cet avis était peut-être aussi un aveu de ce que "le monopole de la violence légitime" détenu par l'Etat, comme disait le philosophe Max Weber, s'étiole désormais dès lors que l'on individualise toutes sortes de surveillances de notre vie publique et que l'on délègue à d'autres Etats le contrôle de nos propres délinquances.
Et la ministre de l'Intérieur reprenant à son compte, à midi, cette idée de service minimum, ajoutant qu'il faudrait veiller aussi à la création d'un corps de policiers spécialisé dans l'intervention dans les maisons d'arrêt, acheva de nous convaincre qu'une société ne se juge pas seulement à l'état de ses prisons, comme disait Albert Camus, mais aussi à l'intérêt que nous leur portons. Car la privation de liberté que vivent ceux qui sont enfermés demande sans cesse à être amendée, comme on vient de le voir, par la liberté de parole de ceux qui sont dehors. Et là, Pascal, c'est plutôt d'un service maximum dont nous aurions besoin. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.