Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2009
   


 
 
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Se pourrait-il, Serge, qu'un réfugié afghan expulsé soit désormais la jauge de la politique d'une communauté internationale ? On veut dire que ces avions, s'ils partent, nous parleront d'autre chose, finalement, que d'une politique d'immigration. Ils nous diront plus simplement si nous autres de la coalition estimons qu'il y a une guerre en Afghanistan. Car enfin, personne ne penserait à renvoyer des gens dans un pays en guerre. Ça ne se fait pas. Ou en tout cas, il y a longtemps qu'on ne l'a pas vu.
Et donc, de deux choses l'une : les avions décollent et il n'y a pas de guerre en Afghanistan où la France a perdu 35 militaires, ou bien ils ne décollent pas et il y a une guerre en Afghanistan où la France a perdu 35 hommes. De toute manière, le général américain James Jones a déjà résolu la question en déclarant récemment : "Ne vous trompez pas, nous ne sommes pas en train de gagner en Afghanistan". Et la bavure de l'armée allemande, il y a un mois sur la route de Kunduz, entre 90 et 150 victimes civiles, nous l'a rappelé plus récemment encore.
Mais peut-être bien qu'il s'agit d'autre chose et que si dans la phrase du ministre Besson, "aucun vol retour n'aura lieu aujourd'hui", il fallait surtout être attentif au "aujourd'hui" peut-être bien que dans la condition " être certains que les personnes seront en sécurité en arrivant à Kaboul", l'important est "en arrivant à Kaboul". Et qu'une fois leur arrivée sécurisée conformément aux conventions internationales, on se moque bien qu'ils aillent faire un tour, ces expulsés afghans, sur la route de Kunduz. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.