Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Je l'avais croisé un matin dans Sarajevo assiégée. C'était un siège qui requérait beaucoup les vieux messieurs. Il y avait là Marek Edelman et puis aussi Arthur Haulot. Ils avaient bien 150 ans à eux deux. Beaucoup de gens qui auraient bien eu 40 ans à eux tous seuls n'avaient pas fait ce déplacement "dangereux". Mais quand on est d'Europe, et qu'on l'a vue brûler on n'hésite jamais quand on peut apporter un peu d'eau. Je vais vous dire, ils étaient jolis, ces deux papys, le grand et le petit, et je suppose qu'ils se sont dit "Edelman, Varsovie" - "Haulot, Dachau" car il faut peu de mots pour dire une guerre quand on reste vivant après elle. De Sarajevo, Marek Edelman disait que "L'Europe s'y comportait comme ce promeneur du dimanche qui faisait du manège près du mur du ghetto alors que, de l'autre côté, des gens mouraient dans les flammes. Indifférence et crime ne font qu'un, ajoutait-il.
Alors expliquez-moi, Serge la terrible indifférence qui m'habite à l'annonce du décès de Jean Vermeire que signale le site Résistances.be. Jean Vermeire fut l'un des bras droits de Léon Degrelle, comme cette expression est curieuse, et fut capitaine SS belge, représentant à Berlin la division SS "Wallonie". Il n'avait jamais renié ses convictions politiques, nous dit Résistances.be, et est resté fidèle jusqu'au bout à son chef. Il animait encore récemment l'amicale des anciens du front de l'Est. C'était le dernier leader rexiste encore en vie. On apprend son décès en même temps que celui de Marek Edelman. Il y a des gens qui en disparaissant arrivent encore à salir la mort des autres. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.