Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 18 septembre 2009,
C’est une gare-monde, Pascal. Son décor est impressionnant. On la voit de loin. Et peux vous dire qu’on ne l’oublie pas une fois qu’on l’a vue, la gare de… Bressoux.
Car voilà, hier en arrivant ici pour nomadiser un peu dans la ville de Calatrava, j’ai fait un arrêt de plus, vers une autre gare liégeoise occupée depuis près de trois mois par des sans papiers. Je voulais voir ça, Liège au temps des gares, de toutes ses gares.
Bressoux, c’est une gare désaffectée et qui semble tout autant avoir aussi été privée d’affection. Un genre de rectangle que déposait, en d’autres temps, la SNCB le long des voies. La beauté ici n’est pas passée. Ce ne sont que des droites et des angles. Des arêtes. Bressoux est une coupure. « Bonjour, me dit Djamel, ici on est à Liège, mais on est aussi à la SNCB, c’est un Etat dans l’Etat ». Tout l’extérieur est tagué, peint, coloré, mais pas joyeux. L’intérieur est parfois une école, on y apprend les français ou le néerlandais, mais toujours un dortoir. Salle des pas perdus, matelas. Salle des guichets, matelas. Bureau du chef de gare, matelas. Il sont 67 à y dormir. Car voilà, cette gare qui n’est plus qu’un point d’arrêt est surtout une salle d’attente. (...)