Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Je vous ai déjà parlé, Pascal, de Fred Vargas, cette magnifique écrivain française de polars , "Pars vite et reviens tard", "Dans les bois éternels", vous voyez, qui fait savoir depuis des années que la barbarie est fille de pandémie et qu'il ne faut pas bien longtemps pour que les codes sociaux et les règles civiles craquent et se dissolvent. Ce sont ses études, sur la peste notamment, Fred Vargas est aussi scientifique, elle est archéozoologue, qui le lui ont montré. Et elle nous dit cela que l'avers d'une pandémie, c'est la barbarie qu'elle engendre. Hier, dans Libération, d'autres sicentifiques français, mais aussi des politiques ou des associatifs, nous disaient, mais c'était la même chose, que le revers d'une pandémie, ce sont les libertés qu'elle diminue. "Les pandémies, disent-ils, ont toujours agi comme un reflet des trous noirs d'une société". Et ils craignent en la circonstance, la mise en place de mesures dérogatoires, de règles exceptionnelles, de plans secrets, toutes choses où la santé publique se ferait l'alibi d'une très certaine faillite de la démocratie et de la solidarité. Tout cela, bien sûr, sans que l'on sache encore exactement si cette grippe porcine, c'est du lard ou du cochon… Nous voilà donc entrés dans les temps de la grippe, tout juste armés du principe de précaution quand il nous faudrait sans doute prendre la précaution des principes.
Ah, Pascal, se laver les mains ou s'en laver les mains, un vrai dilemme postmoderne ! Allez belle journée et puis aussi bonne chance.