Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Car il y avait là du minerai, de la calamine, déjà une promesse de zinc, que tout le monde revendiquait et pour ne pas se battre encore, on décida de neutraliser ces terres calaminaires et de les administrer ensemble.
Mais vous savez comment elle va l'histoire quand on lui lâche la bride et ce territoire devint vite une zone refuge, un havre pour qui voulait échapper, par exemple, à la conscription qui n'y a pas existé pendant longtemps. On y battit monnaie, on y imprima aussi des timbres. C'était parfois sérieux, c'était parfois des blagues - le premier timbre du Morersnet neutre était daté d'un premier avril -, mais enfin, on sent bien que ce territoire, avec le temps qui passait, voulait devenir une grande idée, peut-être un petit Etat.
Et c'est ainsi que le Moresnet neutre, coincé entre 3 langues, faillit devenir le premier Etat Esperanto du monde et aurait dû s'appeler Amikeyo. En esperanto, l'endroit des amis. C'était une idée. Il y en eut plein d'autres réjouissantes, stimulantes, résolument modernes. Le Moresnet neutre vécut ainsi, zone d'ombre, état limite, territoire contesté peuplé d'ouvriers et de bandits comme dit Hermann Lausberg, 344 hectares et 98 cafés !, de 1816 à 1919, plus d'un siècle, avant de s'appeler La Calamine et de devenir belge. Ah, se dit-on, si ç'avait pu être le contraire ! Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.
Ah oui, Hermann Lausberg me prie de préciser qu'une exposition racontera cette histoire du 19 septembre prochain au 31 janvier 2010. Cela se passera à La Calamine, au Musée de la Gueule (si). Et elle est réalisée par l'équipe qui s'occupa de l'exposition du Léonard de Vinci.