Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Maurice Lejeune qui savait trop bien ce qui se cache derrière les frontières,-passeur d'hommes et de prisonniers durant la guerre, un fils tué dans le maquis franco-belge du Banel- disait ceci et je vous prie de noter : "C'est pourquoi moi, humble ouvrier, ancien gendarme, ancien garde forestier, ami des hommes, des bêtes et de la nature, j'ai fait un effort". Et c'est fou me disais-je comment les gens des frontières détectent avant tout le monde les tectoniques politiques.
Hier, je suis allé sur une autre faille, une autre frontière, une autre ligne de front, elle est située à Bruxelles, pas loin de la Grand-Place, dans le quartier de la gare du Midi, car les gares toujours seront des seuils ou bien des terminus. C'est une de ces frontières invisibles et discrètes, logée dans un hôtel qui répond au nom de Continental, Mondial aurait été trop beau.
C'est là que Fedasil, l'agence fédérale chargée de l'accueil des demandeurs d'asile loge quelques-unes des 1000 personnes qui ne trouvent à dormir nulle part, car un demandeur d'asile, on l'oublie, est aussi un demandeur d'hébergement. Je suis entré, je me suis installé dans le lobby de l'hôtel et j'ai fait comme tout le monde, j'ai regardé passer le temps et les gens. Je n'ai rien fait d'autre. Rien de rien.
A la fin, j'ai rencontré Louis, Congolais de Brazza qui m'a dit qu'il était là comme un enfant. Et qui a ajouté : "A qui on va dire qu'un Louis sur la terre mérite bien quelque chose ?". Hé bien, me suis-je dit, peut-être à Maurice Lejeune. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.