Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Le nom de Maurice Lejeune est inconnu de tous, Pascal. Mais il est le frère, je vous assure, d'Emile Verhaeren dont nous parlions hier. Ce carrier qui fut aussi forestier, sans autre instruction que son école primaire, publia en 1947 un opuscule dans lequel il préconisait la suppression des douanes aux frontières, mais aussi la liberté de voyager, de s'installer, de travailler sans formalité ni entrave sur toute la surface de la terre. Ce qu'il dit, ça ressemble à du Schengen et à du Maastricht. C'est visionnaire ou pionnier. Maurice Lejeune qui savait trop bien ce que sont les frontières,-passeur d'hommes et de prisonniers toute la durée de la guerre, un fils tué dans le maquis franco-belge du Banel, c'est tout à côté- disait ceci et je vous prie de noter : "C'est pourquoi moi, humble ouvrier, ancien gendarme, ancien garde forestier, amis des hommes, des bêtes et de la nature, j'ai fait un effort". Avec son fils Alfred, qui est artisan et qui ne veut pas se dire artiste, et Marie Fizaine, qui écrit mais qui ne veut pas être écrivain, nous avons parlé hier, de cette "énorme utopie" d'une mondialisation qui s'est arrêtée à la guerre de Corée. On n'a plus d'utopie, m'a dit Alfred, 76 ans. Mais vous savez quoi, a-t-il ajouté, "j'ai la conviction que la nature va s'en occuper". Je vais vous dire, Pascal, ces gens des frontières, ils détectent avant tout le monde les tectoniques politiques. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.