Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 

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En ce jour du mardi 1er septembre 2009,
Il n'y a rien à faire, Pascal, une mondialisation de 2009 ne renversera jamais une mondialisation de 1949...
C'est à Chassepierre, village frontalier et gaumais, que j'ai compris cela. J'y étais hier. Pour m'entretenir d'une curieuse borne qui orne le point de vue qui embrasse les maisons de pierre, l'église, le trou des fées et la Semois. Je vous explique : c'est un gros globe terrestre, noir et bleu, surmonté d'un panneau indicateur signalant six directions. Lesquelles ? On les a un peu oubliées ici car quelqu'un, pourquoi, pour qui, y a passé de la peinture blanche, épaisse, lourde, cruelle. Sur les photos d'époque on discerne nettement les noms de Brasilia et de Moscou. Chassepierre-Brasilia, il fut un temps où des chemins y menaient. On voulait refaire le monde, on était en 1949, on sortait de la guerre, la deuxième, celle d'"Apocalypse". On avait inventé, parce qu'un aviateur américain qui avait trop bombardé, avait remis à son ambassade son passeport et s'était déclaré libre, apatride et "citoyen du monde", on avait inventé l'idée de "villes mondialisées", liées entre elles et fraternelles. C'était un temps, Pascal, où, de Cahors à Bombay, des petits Poucets bornaient le nouveau monde. Et Chassepierre donc, fut la première commune belge à être mondialisée. En 1950. Bien avant la fusion des communes. Enfin, on veut dire, quand les communes faisaient encore communauté. (...)