Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2009
   


 
 

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En ce jour du lundi 31 août 2009, Pour cette première semaine de la saison, je me suis dit, Pascal, que j'allais voyager au pays des frontières...
Vous savez, celles que nous avons traversées lors de nos exodes pacifiques de l'été sans même nous en soucier. On dirait qu'elles n'existent plus, qu'elles ont disparu toutes ensemble un jour de 1992, fondues dans le papier d'un traité européen, celui de Schengen, village luxembourgeois et lui aussi frontalier. Comment vous dire que je suis sûr que les frontières aussi ont un pays.
Et hier donc, pour le chercher, j'étais à Roisin, à Marchipont, à Onnezies, enfin aux Honnelles, petit territoire d'un haut pays, où Belgique et France s'entrelacent, où la frontière est un méandre, elle ressemble à ces rivières, la grande et la petite Honnelle qui y coulent, car ce sont les eaux qui ici partagent la terre.
Je suis allé à Roisin pour entrer en Europe, Pascal. Car ici veille le souvenir d'une amitié, celle entre Emile Verhaeren, poète belge, francophone des Flandres, qui venait y séjourner et Stefan Zweig, écrivain autrichien, viennois cosmopolite, qui venait souvent l'y visiter. Cette amitié-là est une amitié européenne. Elle raconte comment avant 1914, des hommes entendaient, précisément, confondre les frontières : aux peuples européens, Verhaeren disait : "Admirez-vous les uns les autres". Et Stefan Zweig, constatant que Roisin, qui est loin de tout n'est éloigné de rien, appelait ce village "le carrefour invisible de l'Europe". (...)