Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2009
   


 
 

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En ce jour du lundi 22 juin 2009,
On se l'était pourtant promis, hein, Serge : pour les dernières, on va se les faire légères. Mais rien à faire : vous avez vu, dehors, le temps qu'on nous fait ? Ah, vraiment, je vous le dis, encore heureux qu'on va vers l'été. Comment ça, on y est ? Avouez, c'est pas facile à voir et difficile à croire. C'est pas l'été des idées, en tout cas.
Tenez, je vous disais ici même l'autre jeudi que la compagnie aérienne anglo-saxonne British Airways invitait ses salariés à travailler à l'œil, mais qu'a-t-on vu vendredi autour du rond-point Montgomery sinon des fermiers produisant à perte, travaillant donc moins encore qu'à l'œil, mais au doigt et à l'œil, payant pour bosser, s'auto subventionnant et finançant ceux qui les sous-paient, anticipant peut-être ainsi ce que sera demain le monde du travail.
Quel début d'été, hein, Serge ! Et samedi, tandis que le monde célébrait la journée des réfugiés, on interrompit, à l'église du Béguinage, une grève de la faim vieille de 79 jours. Et nous vint cette curieuse pensée que la consommation était décidément la scène primitive de la vie en société : que c'est en arrêtant de s'alimenter que l'on pense pouvoir accéder à l'espoir d'une citoyenneté, c'est ce que nous disent les sans papiers. (...)