Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 12 juin 2009,
On dirait qu’il a toujours voulu garder un œil sur les fenêtres de son enfance : elles sont là, il les voit de son jardin, derrière la vigne qui pousse, elles sont murées, à l’angle du premier étage du château en ruine. C’est derrière ces fenêtres qu’il a habité à son arrivée en Belgique, en 1947, quand les Tosolini sont venus à Clabecq, du temps qu’avec l’Italie, on échangeait « de la main d’œuvre contre du charbon ».
Je regarde le Château des Italiens : les camions qui déchargent et les bétonneuses qui s’activent, car aujourd’hui, on réhabilite et on rénove, mais en vérité je contemple les restes d’une histoire de l’immigration, d’une histoire ouvrière, d’une histoire de l’industrie même, peut-être.
Ce château-là appartenait aux Forges de Clabecq et abritait 32 familles, 84 enfants. Je dis « familles » car ce château est peut-être bien aussi une allégorie de ce qu’on appelle « le regroupement familial ». C’est peut-être là qu’on l’inventa quand on s’aperçut que les hommes seuls ne voulaient pas le rester longtemps et qu’on avait peur pour nos filles… Par un retour de l’histoire, ce château, qui est un monument classé, abritera à nouveau des familles. Il sera transformé en immeuble à destination sociale, dont une partie pour les familles nombreuses. (...)