Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2009
   


 
 

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En ce jour du jeudi 11 juin 2009, Je suis aujourd'hui en mesure de vous révéler, Pascal, qui sont les responsables de la délinquance des mineurs, des effets de bandes, du décrochage scolaire et de toutes ces choses qui troublent notre jeunesse : il s'agit de l'écrivain Louis Pergaud et du cinéaste Yves Robert.
Ces deux-là ne se sont jamais rencontrés, mais se sont tout de même alliés pour commettre une mauvaise action : écrire pour l'un « La Guerre des boutons » et, pour l'autre, la mettre en images.
Vous vous souvenez de « La Guerre des boutons » ? Lebrac, les deux Gibus, le grand et le pt'it, hein : « si j'avais su j'aurais pas venu », l'Aztec des Gués, Les Longeverne, les Velrans, le traître Bacaillé et que sais-je encore ? Ah, ça nous faisait rêver, n'est-ce pas, ces bastons dans les sous-bois, ces trésors de boutons, les chansons des vainqueurs et les humiliations des perdants : je parle pour moi, mais aussi pour ma sœur qui craquait pour Lebrac.
Enfin bon, le livre date de 1912 et le film de 1962 et leurs auteurs, excusez-moi, n'étaient pas blanc-bleu. Tenez, par exemple, ce Pergaud, instituteur républicain et villageois, qui dut démissionner parce que dans une France qui découvrait la laïcité, il refusait d'aller à la messe ? Et ce Robert, animateur du mouvement des Auberges de jeunesse après le Front populaire et adepte de la bande à Prévert ? Voyez-vous ça, Pascal, ce n'est pas une généalogie, c'est une hérédité. (...)